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« La victoire de Faye est notre lumière guide. Suivons cette lumière, le Bénin le mérite », tribune de Richard Ouorou

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Richard Boni Ouorou - Politologue Ph: LNT

En réaction à l’actualité politique au Sénégal où la jeunesse après une lutte déterminée contre le pouvoir de Macky Sall a pris le pouvoir d’État, le politologue béninois, Richard Ouorou invite les béninois au développement d’un nouveau leadership.

Dans sa dernière tribune, Richard Ouorou affirme que l’ascension de Faye à la présidence du Sénégal est un symbole puissant qui résonne à travers l’Afrique et qui devrait éveiller en chacun de nous un esprit de réflexion et d’action.

Pour le politique, l’exemple de la jeunesse sénégalaise doit nous inspirer pour que nous cessions de confiner notre activisme aux commentaires sur les réseaux sociaux, négligeant ainsi la puissance de l’action collective sur le terrain.

Selon Richard Ouorou, il ne suffit pas de désirer le changement ; nous devons le manifester activement et courageusement. Lire ci-dessous l’intégralité de sa tribune.

Tribune de Richard Ouorou

Chers compatriotes béninois,

l’heure est venue de parler avec franchise et de tirer des enseignements de nos frères et sœurs du Sénégal. L’ascension de Faye à la présidence du Sénégal est un symbole puissant qui résonne à travers l’Afrique et qui devrait éveiller en chacun de nous un esprit de réflexion et d’action.

Faye, un jeune homme d’une quarantaine d’années, a incarné l’espoir et le désir de changement d’un peuple assoiffé de renouveau politique. Son élection n’est pas seulement la victoire d’un individu, mais celle d’un idéal, celui d’une classe politique dynamique et en phase avec les aspirations de sa jeunesse. C’est un appel retentissant à l’émancipation de la dépendance néocoloniale et à la fin des pratiques patrimonialistes qui ont trop longtemps étouffé le potentiel de nos nations.

Le cas de notre propre pays, le Bénin, est poignant. Nous observons avec inquiétude la mainmise sur nos institutions, la confection de lois sur mesure, et une inertie civique qui menace l’intégrité de notre démocratie. Trop souvent, nous avons confiné notre activisme aux commentaires sur les réseaux sociaux, négligeant ainsi la puissance de l’action collective sur le terrain.

Le peuple sénégalais a démontré que lorsque la volonté populaire est unie et déterminée, aucun obstacle ne peut entraver la marche vers le progrès. La leçon pour nous, peuple béninois, est claire : la passivité n’est pas une option. Il ne suffit pas de désirer le changement ; nous devons le manifester activement et courageusement.

Notre président, M. Patrice Talon, a exprimé sa douleur de ne pas être aimé par son peuple, mais comment peut-on aimer un dirigeant qui semble plus fidèle à une identité étrangère qu’à la sienne propre ? Comment pouvons-nous soutenir une gouvernance qui ne reflète pas nos besoins, nos désirs et notre identité en tant que Béninois ?

Il est temps de transcender les limites de la contestation virtuelle et de passer à l’action concrète. Nous devons exiger des comptes, nous réunir dans la solidarité, et, surtout, nous devons exercer notre droit démocratique de manifester notre mécontentement face à une gouvernance qui ne nous sert pas. La démocratie n’est pas seulement le droit de voter, mais aussi le droit de s’opposer, de critiquer et de proposer un chemin meilleur pour notre avenir commun.

Ainsi, je vous appelle, à vous inspirer de l’exemple sénégalais. Mettons de côté notre passivité et embrassons notre pouvoir citoyen. Engageons-nous dans le processus politique, exigeons la transparence, la responsabilité et l’intégrité de nos dirigeants. Il est temps de revendiquer une gouvernance qui reflète nos aspirations et qui tire sa légitimité non pas de l’entretien des héritages coloniaux, mais de l’adhésion aux principes de justice, d’équité et de prospérité pour tous.

Nous devons reconnaître que l’activisme numérique, bien qu’important, ne peut remplacer l’engagement civique tangible et la mobilisation sociale. Les hashtags ne peuvent seuls bâtir des nations, et les commentaires sur Facebook et whatsapp ne peuvent remplacer les actions. Nos voix doivent se faire entendre au-delà du cyberespace, dans les rues, les places publiques et les couloirs du pouvoir.

Nous devons également soutenir l’émergence de nouveaux leaders – des hommes et des femmes qui, comme Faye au Sénégal, s’engagent à servir le peuple avec intégrité et à construire un Bénin où le potentiel de chacun peut s’épanouir sans la crainte d’être étouffé par les ombres du népotisme ou de l’ingérence étrangère.

Nous ne pouvons tolérer que des lois soient fabriquées pour convenir à une seule personne ou à un groupe restreint. Nous ne pouvons accepter que notre avenir soit décidé dans l’ombre, sans le consentement éclairé et actif de la population. L’exemple de Faye doit nous inciter à une prise de conscience collective, à une mobilisation qui réclame un changement véritable et tangible.

Le moment est venu de mettre fin à l’apathie et de réclamer avec force le Bénin que nous méritons. Un Bénin où la jeunesse peut rêver d’un avenir meilleur, où l’économie est au service de tous, et où la politique est une question de service public et non de gains personnels.

Le chemin vers la liberté et la justice est souvent semé d’embûches, mais l’histoire nous enseigne que la persévérance et l’unité du peuple sont les clés de la victoire. Ensemble, bâtissons un Bénin fort, uni et démocratique. Ensemble, faisons entendre notre voix. Ensemble, prenons en main notre destin.

La victoire de Faye est notre lumière guide. Suivons cette lumière, le Bénin le mérite.

Richard Boni Ouorou

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